Fêtes Majeures

Joachim et Anne étaient justes devant Dieu. Pourtant, malgré leurs prières et leurs supplications, ils n’avaient pas d’enfants et ils étaient déjà fort avancés en âge. A l’occasion d’une fête, Joachim apporta son offrande au Temple, à Jérusalem, mais elle ne fut pas agréée par le Grand-Prêtre à cause de sa misère et de sa stérilité. Un ange apparut à Joachim et à Anne et leur annonça la naissance d’une enfant bénie de Dieu.

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D’après la tradition, sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin, découvrit au IVe siècle trois croix enfouies au Golgotha où fut crucifié N.-S. Jésus-Christ. On identifia la Croix parce qu’elle se trouvait au milieu des deux autres (celles des deux larrons), qu’elle portait l’inscription : Jésus de Nazareth, roi des Juifs et qu’elle fut à l’origine de nombreux miracles. Historiquement, dans la basilique du Saint-Sépulcre, construite à Jérusalem par ordre de Constantin, une cérémonie avait lieu le 14 septembre dès 347, au cours de laquelle on vénérait une relique considérée comme le bois de la Croix. Ce jour-là, l’évêque » exaltait « , c’est à dire élevait la Croix avec solennité devant le peuple. Aujourd’hui encore, l’évêque reproduit ce même geste liturgique au cours de la Fête. 

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En ce jour, Joachim et Anne conduisent leur fille au Temple. Dès l’âge de trois ans, âge où l’enfant est sevrée et peut se passer de sa mère, les parents accomplissent le vœu qu’ils avaient fait avant sa naissance : ils consacrent Marie à Dieu. Leur montée au Temple se fait en grande liesse ; Marie est entourée de ses compagnes qui lui font un cortège joyeux. Zacharie, le Grand-Prêtre, l’accueille dans le parvis du Temple. Là, Marie entre dans le Saint, gravit les marches de l’escalier menant au Saint des Saints et y pénètre. Personne n’ose arrêter l’enfant sainte. Tous sont stupéfaits et émerveillés, car cette Entrée insolite leur révèle la délivrance très prochaine des hommes par la venue du Sauveur.

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Noël en Roumanie

L’étoile des mages montre le chemin de la foi

 

Dimitrie Cadere

 

L’approche des Fêtes, ayant comme point culminant la naissance de notre Seigneur Jésus Christ, nous remplit de joie et nous fait penser aux coutumes roumaines de Noël, source inépuisable d’enchantement pour ceux qui les connaissent. Le pays natal de beaucoup d’entre nous est une terre de haute tradition où le renouveau annuel est marqué depuis les temps les plus anciens par des cérémonies bien particulières. Par la grâce du Ciel elles nous sont parvenues sans altérations majeures. Ceci montre bien la force de la foi qui habite non pas la zone géographique mais surtout les âmes, la richesse et la profondeur de la spiritualité chrétienne des Roumains. Ceci montre aussi que les cycles sacrés s’inscrivent selon des lois divines dans la continuité éternelle qui lie la Genèse à la Parousie.

 

L’aspect  eglse ortodoxe guadeloupe qui nous touche le plus, car le plus lié à la vie de l’Eglise est celui des chants de Noël, axés sur la naissance de l’enfant Jésus – signifiée par l’Etoile qui apparaît dans le ciel pour guider les Rois Mages. Le signe distinctif des groupes de chanteurs est justement une étoile, confectionnée par eux-mêmes, qui est richement décorée et qui porte au centre l’image de la Vierge à l’Enfant ou d’une crèche éclairée par derrière avec un cierge. Tous ceux qui ont confectionné – ne serait-ce qu’une fois – une telle étoile pour aller ensuite chanter devant ou dans les maisons du village ou du quartier, ne l’oublieront jamais. Le miracle commençait déjà lorsqu’on assemblait le tas de petites bricoles ramassées à droite et à gauche, un peu partout dans la maison et dans les vieilles boîtes du grenier – les fines lattes de bois sorties de vieilles planches, coupées soigneusement à la bonne épaisseur et à la bonne taille, le manche du vieux balai, le précieux papier coloré presque introuvable il y a une cinquantaine d’années et que les ciseaux attaquaient avec émotion, les bouts de fil et de laine et la boîte de conserve vide qui formait le centre de la construction, supportant les rayons et recevant le cierge – consolidé par des bouts de fil de fer et par la colle fabrication maison, mélange de farine de blé et d’eau du robinet. Le grain qui avait donné ce blé était surement béni car le tout tenait bon, même si certains rafistolages se faisaient nécessaires après quelques heures de voyage et de “ service ”. Le moment le plus important était la confection de la petite icône, soit découpée dans un vieux livre de prières, soit construite comme un puzzle à partir d’éléments hétéroclites et collée sur du papier translucide à la fin des travaux. Certains la dessinaient eux-mêmes.

 

Pour la naissance de Jésus, l’Evangile de Matthieu annonce l’apparition de l’Etoile des Mages qui, sur le plan astronomique, était placée dans la constellation de Cassiopée, nommée aussi La Vierge à l’Enfant ; selon la tradition des anciens, cette étoile était visible seulement une fois tous les trois cents ans et son apparition signifiait que la Reine de Palestine avait donné un hériter au Trône. Jésus est le nouvel Adam et le terme de Messie vient probablement du verbe hébraïque masha – onction d’huile sacrée – c’est à dire Christos – l’oint de Dieu en grec; cette consécration était conférée par les anciens juifs seulement aux rois, aux prêtres et aux prophètes.

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On appelle aussi cette fête « Epiphanie ». Epiphanie vient du grec et signifie « manifestation » : le Christ s’est manifesté au monde.

 

Dans les premiers temps de l’Eglise, les chrétiens célébraient le même jour (le 6 janvier) les différentes manifestations du Christ au monde : la naissance de Jésus, la visite des mages et le Baptême du Christ. La date du 6 janvier fut choisie pour remplacer le culte païen du solstice d’hiver.

 

Au début du IVe siècle, la Rome païenne avança le solstice au 25 décembre. L’Eglise de Rome, toujours soucieuse de combattre les idoles et les cultes païens, déplaça la première apparition du Sauveur du 6 janvier au 25 décembre, et l’Eglise d’Orient se rattacha à cette pratique vers la fin du IVe siècle.

 

L’Eglise orthodoxe fête le 25 décembre la naissance de Jésus et la visite des mages, et le 6 janvier : le Baptême du Seigneur. Elle sépare cette manifestation du Christ de toutes les autres, car ce jour-là Dieu se manifeste pleinement : il est Un en trois Personnes. C’est pourquoi, le mot Epiphanie est remplacé par Théophanie qui en précise le sens : manifestation de Dieu.

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Cette fête est aussi appelée Présentation du Christ au Temple. Jésus est amené au Temple, selon les prescriptions de la Loi.

 

Saint Luc est le seul évangéliste qui nous montre Joseph et Marie fidèles aux prescriptions de la Loi (Luc 2, 22-39). De même qu’ils ont fait circoncire Jésus au huitième jour, ils le présentent au Temple quarante jours après sa naissance.

 

Au Temple, Jésus enfant est reçu par le vieillard Syméon et la prophétesse Anne. La tradition reconnaît Syméon comme prêtre du Temple et l’assimile, quitte à exagérer son âge, aux Septante, traducteurs de la Bible de l’hébreu au grec. Sa rencontre avec le Christ symbolise la rencontre entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance. Son cantique que nous récitons à la fin des vêpres sont un cri de joie et une réponse à la promesse du Saint-Esprit faite au vieillard, de voir le Christ avant de mourir.

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Les deux fêtes de l’Annonciation et de Noël sont liées par le temps de gestation de neuf mois d’un enfant dans le sein de sa mère.

 

L’évangéliste Luc nous montre l’ange Gabriel apportant l’annonce de la Bonne Nouvelle à Marie. C’est le nom de cette fête et c’est aussi le sens du mot « évangile ». Saint Luc nous introduit avec force dans le mystère le plus grand de notre foi : Dieu fait homme.

 

L’ange Gabriel révèle à Marie son élection et son sens : par elle le Fils de Dieu devient le Fils de l’homme. Le trône de David trouve enfin son successeur : le Messie éternel annoncé par les prophètes.

 

Dieu entre dans l’histoire de l’homme, comme Trinité : le Père envoie l’Esprit sur Marie, en elle la conception virginale s’accomplit par l’Esprit Saint, le fils, Verbe de Dieu prend chair dans le sein de la Vierge.

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L’Eglise célèbre avec éclat l’entrée du Christ à Jérusalem, car il est le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs. Son enseignement par la parole se termine là, aux portes de la ville. Maintenant il va donner sa vie pour sceller par le sang l’alliance nouvelle.

 

La fête des Rameaux et le Samedi de Lazare sont intimement liés. Le Christ a choisi Lazare comme compagnon de route sur le chemin de la Mort-Résurrection ; en le ressuscitant, il accomplit une prophétie en acte. Il annonce sa propre Résurrection et engage tous les croyants à sa suite.

 

Ces deux jours, samedi de Lazare et dimanche des Rameaux nous retiennent un court instant au seuil de la Passion. Ils sont l’ouverture de la Semaine Sainte, comme le portail d’une cathédrale, divisé en deux panneaux, Semaine Sainte qui nous prépare et nous mène à la Fêtes des fêtes : Pâques.

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Les Pâques Les Pâques orthodoxes se fêtent différemment selon les régions en Roumanie, ainsi par exemple dans le nord est de la Roumanie en Bucovine, les filles montent dans le beffroi de l’église du village et lavent la langue de la cloche avec de l’eau pure. Avec cette eau, elles se rincent le visage à l’aube de Pâques pour être belles toute l’année.

 

Dans la région de Campulung Moldovenesc, la tradition se distingue par des symboles complexes de la foi dans le pouvoir miraculeux de la prière de bénédiction de la nourriture. A l’aube du dimanche, les croyants sortent dans la cour de l’église, s’assoient en forme de cercle, portant des bougies allumées dans la main.

 

En face de chacun ménage est placée une corbeille avec de la nourriture qui attend la bénédiction du Pope. La corbeille est recouverte d’une étoffe tissée avec motif spécifique folklorique de la région. Contactez-nous et profitez d’un court séjour en Roumanie à la période de Pâques pour découvrir ces traditions.

 

Homelie pour Pâques de Saint Jean Chrysostome

 

Qui sont ceux qui aiment Dieu de tout leur coeur? Qu’ils se réjouissent à l’occasion de cette fête grandiose! Qui sont ceux qui servent Dieu avec foi? Qu’ils se réjouissent au nom de Dieu!

 

Qui sont ceux affaiblis par le jeûne? Ils vont recevoir leur récompense tant désirée! Ceux qui ont travaillé avec zèle de la première heure, Qu’ils reçoivent leur récompense; Celui qui est venu après la troisième heure, Qu’il se réjouisse lui aussi à cette grande fête! Et celui qui est venu après la sixième heure, Il ne doit pas douter; parce qu’il ne va pas rester en dehors! Et celui qui est arrivé dans la dernière heure, Qu’il n’ait pas peur pour son retard!

 

Parce que Dieu est bienveillant et reçoit aussi le dernier venu Il donne la paix à celui qui vient à la dernière minute Aussi comme Il la donne celui qui a fait des efforts de la première minute. Au premier lui donne et à l’autre le comble. Il apprécie l’effort et il salue le courage. Il honore tout autant les faits et les pensées bonnes.

 

Qu’on se réjouisse tous de la bonté de Dieu! Le premier aussi comme le dernier arrivé recevront la même récompense; Que le riche et le pauvre se réjouissent également! Que le (travailleur) diligent et l’indolent fêtent ce saint jour!

 

Celui qui a jeûné autant que celui qui n’a pas jeûné Qu’ils se réjouissent aujourd’hui de la Table pleine des délices Manger tous du veau gras! Que personne ne soit affamé. Buvez tous du verre de la foi. Réjouissez-vous de la grandeur de Sa bonté!

 

Que personne ne soit triste parce qu’il est pauvre, car le royaume de Dieu nous a été découvert Que personne ne soit abattu à cause de ses pêchés; parce que le pardon nous est venu du tombeau du Seigneur. Que personne ne soit effrayé par la mort, parce que la mort du Rédempteur nous a liberés! Il a marché sur la mort et il l’a vaincue.

 

Il a détruit le royaume de la mort quand il y est descendu; Il l’a épouvanté quand celui-la a essayé de mordre de sa chaire. Le prophète Issaïa a prédit: “Toi l’enfer tu as été épouvanté quand tu as rencontré Lui”.

 

Enfer a été apeuré parce qu’il a été vaincu. Il a été effrayé parce qu’il a eu honte. Il a été épouvanté parce qu’il a été détruit. Il a été craintif parce qu’il avait perdu ses pouvoirs. Il avait pris peur parce que maintenant il est impuissant.

 

L’enfer avait pris un corps et il avait découvert Dieu. Il a pris de la terre et il a découvert Ciel. Il a pris ce qu’il a vu et il a été accablé par ce qu’il n’avait pas vu. O, la mort, où se trouve ta faux maintenant? O, l’enfer, où sont tes victoires?

 

Christ a ressuscité et toi, la mort, tu as perdu ton pouvoir! Christos a ressuscité et les méchants sont terrassés! Christos a ressuscité et les anges se réjouissent! Christos a ressuscité et la vie a vaincu la mort! Christos a ressuscité et avec sa mort il a marché sur la mort; Et à ceux qui sont dans les tombeaux il a donné la vie

 

Car il convient à Lui toute la gloire et l’honneur maintenant et dans les siècles des siècles.

 

Amen!

 

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Pentecôte (en grec Pentikosti) signifie cinquantième jour. C’est le jour de la Pentecôte que le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres sous forme de langues de feu, cinquante jours après la Résurrection du Christ.

 

La Pentecôte dans le judaïsme, c’est le don de la Loi. Cinquante jours après le départ des Hébreux d’Egypte, Moïse a reçu les tables de la Loi sur le Mont Sinaï. C’est l’alliance entre Dieu et son peuple.

 

Dans l’Ancien Testament, le Saint-Esprit s’est manifesté par la Loi et les prophètes : car il a parlé par les prophètes, disons-nous dans le Credo. Désormais la Nouvelle Alliance se fait entre Dieu et son nouveau peuple, le nouvel Israël, l’Eglise, qui reçoit le don de l’Esprit, non plus par la Loi, mais directement et sans intermédiaire, par le feu de la Pentecôte.

 

La fête de la Pentecôte, dans l’Eglise orthodoxe, s’appelle aussi le « jour de la Trinité ». Car ce jour-là se réalise l’accomplissement de la promesse : nous connaissons le Père à travers le Fils et nous recevons, comme un don, le Saint-Esprit qui habite en nous, s’unit à nous pour nous révéler la vérité tout entière.

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La Transfiguration se fête le 6 août pour commémorer la dédicace de la première église édifiée sur le mont Thabor, au Ve siècle.

 

La fête de la Transfiguration, très vénérée par l’Eglise orthodoxe, peut servir de clef pour la compréhension de l’humanité du Christ dans la tradition orientale (Vladimir LOSSKY, Essai sur la Théologie mystique de l’Eglise d’Orient, Aubier, 1944, p.145.)

 

Elle est une manifestation de la Trinité : le Saint Esprit y prend la forme de la nuée lumineuse recouvrant les apôtres, sur le Thabor. La voix du Père vient pour attester que Jésus est vraiment le Fils de Dieu.

 

Le Christ transfiguré annonce le Christ ressuscité, vainqueur de la mort ; le Christ apparaît à ses disciples avec un corps glorieux. qui n’obéit plus aux lois de la nature, auxquelles il s’est soumis volontairement durant sa vie terrestre.

 

Moïse et Elie, réunis autour du Christ, viennent rendre témoignage. L’un et l’autre ont eu la vision de Dieu sur la montagne, ils viennent maintenant attester que le Christ est en vérité Dieu incarné, celui qui fut annoncé par la Loi et les prophètes.

 

Nous avons une très belle coutume, celle de bénir les fruits dans les églises, le jour de la Transfiguration.

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La Dormition de la Mère de Dieu est la commémoration de la mort, entourée des Apôtres, de la résurrection, et de la glorification de la Marie la Mère de Dieu.[1] C’est l’une des 12 grandes fêtes de l’Église orthodoxe et la dernière du calendrier liturgique (la première étant la Nativité de la Vierge).[2] Elle est célébrée, dans le calendrier liturgique de l’Église, le 15 août. Il y est proclamé que Marie a été « élevée » par Dieu jusqu’au Royaume céleste du Christ dans la plénitude de son existence physique et spirituelle.

 

Nous commémorons et nous nous rappelons à la fois sa Dormition comme pour n’importe quel être humain, parce que tous les hommes meurent dans Adam et ressusciteront dans Christ; et la certitude qu’elle n’est pas restée dans la tombe, car trois jours après la mort, ceux qui ont visité sa tombe ont vu que la Mère de Dieu avait été élevée au ciel. Seuls ses vêtements de cérémonie d’enterrement sont restés dans le lieu saint.

 

Pourquoi cela ? Parce que le corps dans lequel le Verbe de Dieu a été incarné ne devait pas se décomposer mais être élevé au ciel par Dieu le Fils, Jésus-Christ, notre Sauveur. C’est pourquoi en regardant l’icône de la Dormition de la Mère de Dieu nous la voyons entourée par les saints Apôtres, par des hommes et des femmes emplis de foi, aussi bien que par des anges montrant que les anges également adorent la Mère de Dieu qui est plus honorée que les chérubins et que les séraphins.